Le tourisme représente un secteur stratégique pour le développement économique, la création d’emplois et la dynamisation des territoires. C’est un secteur économique transversal constituant une source majeure de devises et un levier socio-économique dans de nombreux pays pour stimuler les offres territoriales (infrastructurelle, services et stratégique) à travers les chaînes de valeurs locales (agriculture, transport, hôtellerie, restauration).
Le secteur touristique est alimenté par un commerce mondial, basé sur les voyages, les services personnels, culturels et créatifs, qui est très lucratif. Ce secteur a généré beaucoup de dépenses d’investissement dans des projets typiques, notamment pour les États-Unis, premier pays d'origine des investissements directs étrangers (IDE) dans les projets touristiques.
Depuis près de 50 ans, les îles de la Caraïbe connaissent un essor du tourisme, une progression du nombre de visiteurs et une large diffusion des zones touristiques. Cependant, il subsiste des contraintes majeures lorsque l’activité touristique reste mineure et que les niveaux de développement sont faibles — comme en Haïti ou dans certaines zones enclavées — où le modèle d’aménagement privilégié demeure celui de l’enclave, réduisant les contacts entre les populations locales, les acteurs du secteur et les clientèles internationales.
Le climat tropical d'Haïti, son deuxième plus long littoral des Caraïbes et son impressionnant paysage montagneux attirent des visiteurs du monde entier. Ses plages immaculées, sa végétation tropicale luxuriante et ses récifs coralliens offrent une ambiance caribéenne aux vacanciers et amateurs de sports nautiques. En tant qu’offre infrastructurelle, Labadie — port et station balnéaire situé sur la côte nord du pays et loué à long terme par Royal Caribbean International — est la principale source de revenus et le principal employeur touristique du pays depuis près de 25 ans.
Entre 250 000 et 350 000 passagers y débarquent chaque année, générant des recettes annuelles comprises entre 1,5 et 2,1 millions de dollars américains pour le gouvernement haïtien. En 2021, Haïti a accueilli environ 148 000 touristes, générant environ 67,64 millions d'euros (Plan de développement économique pour le secteur touristique et des industries créatives en Haïti, CFI, juin 2024), soit seulement 0,38 % du produit national brut (PNB) du pays.
Outre le développement du tourisme traditionnel, de petits acteurs locaux, soutenus par des particuliers, des communautés ou des ONG, ont vu le jour ces dix dernières années dans tout le pays. Ces initiatives relèvent souvent de l'écotourisme ou du tourisme culturel, reflétant une tendance mondiale croissante : les voyageurs recherchent désormais l'authenticité et souhaitent visiter et explorer des destinations de manière indépendante ou en petits groupes.
Le tourisme a attiré des investissements directs étrangers significatifs dans le monde, notamment en Amérique du Nord et dans les Caraïbes (République Dominicaine, Cuba, Jamaïque, Haïti…). Cependant, l’attractivité et la sécurisation des investissements touristiques, tout comme la compétitivité de l’écosystème entrepreneurial, demeurent des défis majeurs.
Ces défis s’expliquent par plusieurs facteurs : l’instabilité politique, le déficit d’infrastructures tangibles (routes, hôtels, énergie, connectivité), et la faiblesse institutionnelle liée à un cadre légal et réglementaire fragile, une stratégie d’image-pays insuffisante et un manque de coordination entre acteurs publics et privés.
Deux problématiques fondamentales émergent alors : comment attirer et sécuriser les investissements dans le secteur touristique ? Et quels sont les freins et les leviers pour rendre l’écosystème entrepreneurial plus attractif ? L’attractivité et la sécurisation des investissements touristiques reposent sur un double effort : d’une part, créer une offre territoriale favorable aux capitaux (climat institutionnel, infrastructurel et sécuritaire), et d’autre part, renforcer l’écosystème entrepreneurial par la levée des freins structurels et la mise en avant des leviers d’innovation, de durabilité et de gouvernance inclusive.
L’avenir du tourisme, notamment dans des contextes fragiles comme Haïti, dépendra de la capacité des décideurs à transformer les contraintes en opportunités et à promouvoir un modèle de développement touristique intégré, durable et compétitif. Un écosystème attractif repose sur la synergie entre acteurs publics, privés et communautaires : gouvernance participative, intégration des PME locales dans les chaînes de valeur et coopération régionale sont déterminantes. Le tourisme ne peut prospérer sans une approche transversale liant agriculture, artisanat, culture et services.